imgresCe roman avait pour grand axe le voyage de Michel-Ange à Constantinople en 1506, invité par le Sultan Bayazid pour la construction d’un pont.

J’ai découvert un magnifique livre. Je l’ai lu en deux jours, entre ski et promenades; c’est pour dire à quel point ce roman m’a captivée ! D’ailleurs, il me semble plus juste d’appeler ce livre un conte : tout rappelle à mon goût les contes des mille et unes nuits : l’histoire se déroule à Constantinople, une ville musulmane, l’actuelle Istanbul. L’auteur a bien retranscrit l’ambiance (présumée) de cette ville : il y décrit avec minutie les odeurs, les formes, la multitude de couleurs, de sons et les habitants cosmopolites. On sent presque les effluves et la chaleur du soleil ! 

"Il s’est donc laissé conduire, à pied à travers les rues tièdes de la ville. Les boutiques fermaient, les artisans cessaient le travail ; les parfums des roses et du jasmin, décuplés par le soir, se mêlaient à l’air marin et aux effluves moins poétiques de la cité." (p44)

 De plus, l’auteur décrit la personnalité de chaque personnage autour de Michel-Ange. Tous sont captivés par ce personnage central, à la fois fort et fragile, intelligent mais incertain. On connait ses états d’âme, ses pensées. C’est un personnage en effet très complexe ! Le récit alterne entre l’histoire centrale et des lettres, des pages d’écriture de l’artiste, des monologues... ce qui est agréable et allège le roman.J’ai aussi apprécié l’idée du pont, métaphorique. Tout tourne autour de cette idée. Il réunit deux villes, deux versants mais aussi deux parts de Michel-Ange (telle est mon interprétation personnelle). C’est en cela que ce livre est puissant : l’histoire est simple, l’intrigue facile mais tout ce qu’il se passe à l’ «intérieur» de Michel-Ange est complexe et donne toute sa magie à ce conte. 

Le texte était donc très agréable, et mon avis positif est encore renforcé par l’esthétique, évidemment secondaire mais importante tout de même : ce texte court, ce conte est très bien mis en valeur : le format est atypique, les chapitres, très courts au début s’allongent pour se raccourcir enfin; on entre dans ce conte comme on en ressort : on a l’impression d’une rêverie, mais d’une rêverie très agréable et reposante. 

En fait, plus j’y pense plus plus je garde une impression très agréable, douce du roman de Mathias Enard. C’est pourquoi je le conseille vivement !!

 "Apparaître, poindre, briller.

Consteller, scintiller, s’éteindre." (p142)

 

Plaisir de lecture : 8.5/10