"jamais Macbeth ne sera vaincu, avant que la grande forêt de Birnam marche contre lui jusqu'à la haute colline de Dunsinane"

SCIencextrA-soleil (glissé(e)s)XY240Macbeth. Presqu'un mythe. Tout le monde connait ses célèbres répliques :

"Tout l'océan du grand Neptune suffira-t-il à laver ce sang de ma main ?"

Un classique que je viens de redécouvrir, et qui m'a beaucoup plu. 

 

Macbeth et Banquo, généraux de Duncan, roi d'Ecosse, de retour d'une campagne victorieuse contre les rebelles, rencontrent dans la lande trois sorcières qui leur font une prophétie : Macbeth deviendra roi, affirment-elles, et Banquo engendrera des rois... Poussé par Lady Macbeth et désireux d'accéder au trône, Macbeth entreprend d'assassiner Duncan - premier crime d'une longue série. C'est ainsi que débute Macbeth (1606), l'une des plus célèbres tragédies de Shakespeare, qui relate une plongée dans le Mal extrême et absolu. Comme l'écrivait Victor Hugo : "Macbeth, c'est la faim. Quelle faim ? La faim du monstre toujours possible dans l'homme. Certaines âmes ont des dents. N'éveillez pas leur faim."

J'ai aimé le style, complexe, qui nous offre un voyage temporel.

J'ai apprécié l'histoire, quoique relativement courte (environ 90p), bien menée ; ces vengeances, cette soif de pouvoir, ces (petits) rebondissements, les courtes batailles... Tout est condensé ! 

Macbeth évolue au fil de la pièce ; de repentant, il devient tyran. Les meurtres sont de plus en plus nombreux. Le pouvoir transforme et défigure l'homme :

"J'ai presque perdu le goût de l'inquiétude. Il fut un temps où mes sens se seraient glacés au moindre cri nocturne, où mes cheveux, à un récit lugubre, se seraient dressés et agités comme s'ils étaient vivants. Je me suis gorgé d'horreur. L'épouvante, familière à mes meurtrières pensées, ne peut plus me faire tressaillir." (acte V scène V)

Et surtout, j'ai adoré l'atmosphère de cette tragédie : là, on ressent vraiment l'Ecosse, à travers le langage, froid et austère, l'histoire (les thanes, les batailles, la vengeance), et même dans les très courte didascalies.

De nombreux auteurs s'en sont inspirés ; par exemple, le titre du roman de Faulkner, le bruit et la fureur, est tiré d'une célèbre phrase :

"La vie n'est qu'un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus ; c'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien" (acte V, scène V) A méditer...

Plaisir de lecture : 10/10

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