9782266173766SCIencextrA-soleil (glissé(e)s)

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l'écart du monde, s'est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd'hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l'extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l'invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l'imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida. 
Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité.

 

J'ai souvent rencontré ce livre sur internet, et les blogueuses enthousiastes en parlaient avec un entrain contagieux. Le problème est que je ne trouvais jamais ce livre en librairie. Alors il a fini par quitter mon esprit... pour revenir récemment ! Alors, commande sur internet... et voilà ! N'empêche, je suis super sage : les deux livres commandés ont été immédiatement lus ! Nooon !? Si !! Mais ça n'empêche pas ma PAL de frôler les 100... 

Bref, parlons du livre ! Un coup de coeur, comme l'indique mon baromètre intérieur : SOLEIL !! Vraiment, un très bon livre que j'ai dévoré en 5 jours (563p de bonheur). J'avais peur, car pour mon plus grand malheur, je ne suis pas rentré dans l'autre livre commandé -Les maîtres de Glenmarkie. Appréhension, donc. Mais non, un très bon livre ! Reste à expliquer pourquoi au lieu de radoter...

Quand elle reçoit la lettre de Vida Winter, Margaret Lea décide d'abord de refuser la proposition de l'écrivain. Après tout, Margaret n'a rien lu de l'auteur à succès, et ne s'intéresse guère aux auteurs contemporains... mais voilà qu'une nuit, Margaret décide de lire Vida Winter... Elle découvre "Les treize contes", qu'elle dévore. Il se trouve que, paradoxalement, le conte le plus connu, le treizième conte, n'a jamais été publié. Intriguant ! Et c'est justement intriguée que Miss Lea arrive dans la maison de l'auteur... Celle-ci, à travers un récit intense, nous narre la tragique histoire des jumelles d'Angelfield, Adeline et Emmeline March. 

Après, je vous laisse découvrir, consciente que trop en dire serait vous enlever du plaisir... mais bon, j'ai la nette impression que tout le monde a lu ce livre ! 

Alors, tout d'abord, l'écriture est jolie. Ces derniers temps, j'ai été assez intransigeante (je pense au livre que j'ai déjà cité plus haut et à d'autres) car je n'ai jamais réussi à aimer un livre contemporain autant qu'un classique ; c'est un fait. J'aimerais vous dire que c'est du passé, mais non ; en fait, je suis comme Walpole dans les Maîtres de Glenmarkie, le libraire ne s'intéressant qu'au livre de plus de 50 ans, ou comme Margaret Lea dans ce livre, dévoreuse de classiques. J'aime les classiques. Je pense que vous l'aviez déjà deviné. Mais j'ai mes raisons : après tout, les classiques ne sont-ils pas la base de toute notre littérature ? Ce sont les piliers qui maintiennent notre vie de lectrices insatiables... Ils sont riches, foisonnant de personnages, de réflexions, de questions, de beauté tout simplement ! Alors je me demandais comment un roman contemporain pouvait oser se hisser à la hauteur de ces chefs d'oeuvre. Je ne voulais pas détrôner mes favoris. Mais après tout, j'adore Philippe Claudel, Antoine de Saint Exupéry, Stefan Zweig, Virginia Woolf... que des auteurs du siècle dernier ou actuel ! Les romans antérieurs -les soeurs Brontë, Jane Austen, Zola- sont tout simplement incontournables. Et puis, Margaret ne se tourne-t-elle pas vers une auteur de best-sellers... encore vivante ? Tout ça pour vous dire que je suis en train de revoir ma définition de chef d'oeuvre. On a d'ailleurs de nombreuses références de chefs d'oeuvres indiscutables : La dame en blanc, Jane Eyre, Les Hauts de Hurlevent... ce roman était passionnant, mais pas à la hauteur de ceux-là, quand même. Mais je peux soutenir que l'écriture y est jolie. Quelques répétitions de ci de là, mais rien de pompeux ou d'hasardeux. Un style fluide et épuré 

L'histoire, l'intrigue. Le coeur du roman. J'avoue avoir plongé dedans immédiatement. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai besoin de lire quelques pages juste avant de m'endormir. Alors je tombe sur ce roman-là, et je me dis "pas plus d'une page ou deux". Résultat : trente pages dévorées et un sommeil fébrile pour me réveiller à l'aube et me replonger, comme une droguée. Diane Setterfield sait nous tenir en haleine, amener juste une petite dose de suspens... puis une grosse à la fin ^^' ! J'ai aimé ce double récit -celui de Margaret et celui de Vida Winter. J'ai trouvé l'histoire plus réelle et plus aérée, fluide. Les deux histoires sont tout aussi fouillées, on s'attache donc aux personnages du passé comme du présent. 

On plonge dans cette atmosphère ; tout d'abord dans la vie de Margaret Lea : je me suis bien identifiée à cette héroïne, car elle est comme nous : une boulimique des livres !! J'avoue qu'elle est bien pire que moi. Mais cette jeune fille ou plutôt jeune femme est attachante. Margaret est vive, intelligente, et déterminée. Viens ensuite l'histoire de Vida Winter, rapportée dès les première pages sous la forme d'une lettre. Je parlais donc de l'atmosphère, pareille dans l'une et dans l'autre : ces fantômes, ces mystères, ces questions, ces non-dits ; ces secrets révélés à demi-mots. J'ai trouvé -et je pense que c'était un des objectifs de l'auteur- que les deux histoires comportaient des similitudes frappantes, ce qui rapprochait les deux héroïnes et permettait cette atmosphère de confidence. 

Ce livre nous permet aussi de laisser libre cours à notre imagination : les personnes sont décrits mais une large part demeure dans l'ombre -en ce qui concerne le physique. Les lieux font aussi l'objet de descriptions interessantes mais ici aussi l'imagination du lecteur est sollicitée. J'en profite pour glisser un petit mot sur les paysages : les landes anglaises, la maison hantée, la neige... tout m'a séduit ! Et je me suis totalement imaginée dans cette fabuleuse librairie que tient le père de l'héroïne "du présent" : trois étages, sept pièces, un rêve !!  A la fin du récit, toute la vérité est dévoilée ; j'ai apprécié que Margaret ne la livre pas de but en blanc ; cependant, elle ne fait pas à la "Agatha Christie", c'est à dire qu'elle ne dévoile pas tout à la fin, détachée du lecteur. Elle nous livre petit à petit ses découvertes et entretient une complicité héroïne-lecteur(trice). Que j'ai trouvé très agréable, bien évidemment. 

On fait donc des bonds dans le passé, on lit différentes versions, qu'elles prennent l'apprarence d'une histoire ou d'un journal, de souvenirs familiales ou de recherches approfondies. On lit avec plaisir des tranches de vie du présent comme du passé.

On sort difficilement de ce livre, aux différentes intrigues qui se rejoignent finalement, avec la sensation de laisser un bout de soi-même dans ce livre. C'est donc un livre que je relirai sûrement ! 

(Si on voulait vraiment chipoter, on pourrait critiquer la fin. Déjà, j'ai trouvé un peu maladroit de répondre à nos "dernières" questions, pêle-mêle... mais bon, pourquoi pas ? Et puis, je n'ai pas tout à fait compris le dernier chapitre, le post-scriptum... est-ce que ceux ou celles qui l'ont lu pourraient m'éclairer ?)

Je suis désolée de ne pas mettre d'extraits, mais je suis vraiment restée immergée dans ce roman sans pouvoir garder un esprit disons lucide pendant ma lecture. Autre argument : je ne voudrais pas vous dévoiler des pans de l'histoire. 

en + : j'ai aussi beaucoup aimé les échanges de lettres dans ce roman ; je trouve que ça ajoute un certain charme... c'est quand même plus original que le téléphone ! 

C'est tellement agréable de se plonger dans un livre, de vivre dedans ! Une expérience à renouveler, et à découvrir ! 

les avis d'Allie, de Karine, de Cryssilda, de Lilly, de Théoma, d'Alinéa, de Niki, de Titine, de Lou, de Maggie. Merci à toutes de m'avoir fait découvrir "Le treizième conte" ! Une fan de plus ! 

Plaisir de lecture : 9,5/10

Premier billet pour mon deuxième challenge : GOD SAVE THE LIVRE, organisé par Antoni.

Challenge-anglais