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"Aucun quotidien, aucune agence de presse, aucune historiographie n'a jamais mentionné la guerre mondiale du ghetto de San Li Tun, qui dura de 1972 à 1975.
C'est ainsi que, dès mon plus jeune âge, j'ai su à quoi m'en tenir quant à la censure et à la désinformation.
Car enfin, peut-on trouver dérisoire un conflit de trois années, auquels prirent part des dizaines de nations, et au cours duquel des atrocités aussi épouvantables furent perpétrées ?
Prétexte à ce silence des médias : la moyenne d'âge des combattants avoisinait les dix ans. Les enfants seraient-ils donc étrangers à l'Histoire ?".......... 

Mon édition est celle de droite, mais j'adore celle de gauche et je voulais rajouter un peu de couleurs !! Je trouve que ce dessin correspond mieux au livre même si la mienne est originale. 

"Au grand galop de mon cheval, je paradais parmi les ventilateurs.", ainsi commence ce roman.

Amélie a 7 ans lorsqu'elle nous raconte son histoire. Celle-ci se passe en Chine où la petite fille a passé 3 ans de sa vie. Enfant surdouée, elle use d'un vocabulaire riche tout en conservant la naïveté de l'enfance.
La petite Amélie n'est pas enchantée de quitter le Japon, pays pour lequel elle gardera une profonde attache. Mais quand on est enfant, on s'habitue vite au changement. Et c'est une petite fille sûre d'elle et émerveillée qui débarque en Chine. "Sans en rien laisser paraître, je suis folle d'excitation. Tout me semble grandiose, à commencer par moi. Les idées jouent à la marelle à l'intérieur de ma tête." On retrouve bien sûr cette petite fille égoïste et nombriliste mais ce trait de caractère m'a fait bien rire ; surtout que le centre du monde va changer... "Dès le premier jour, j'avais compris l'axiome : dans la Cité des Ventilateurs, tout ce qui n'est pas splendide était hideux.
Ce qui revient à dire que presque tout était hideux
Corollaire immédiat : la beauté du monde, c'était moi." Alors, nombriliste ?  
Comme on le voit dans cet extrait, la Chine est un monde à part. Amélie nous le dit de but-en-blanc : "Ce pays est très différent. Je ne saurais dire au juste en quoi consiste cette différence. C'est laid, certes, mais d'une sorte de laideur que je n'ai jamais vue."
Amélie est fille de diplomate ; et c'est dans un ghetto réservé à cette catégorie qu'ils seront logés.
"Prenez une ribambelle d'enfants de toutes les nationalités : enfermez-les dans un espace exigu et bétonné. Laissez-les libres et sans surveillance.
Ceux qui supposent que ces gosses se donneront la main avec amitié sont de grands naïfs. 
Notre arrivée coïncida avec une conférence au sommet où il fut décrété que la fin de la Deuxième Guerre mondiale avait été bâclée.
Tout était à refaire, étant entendu que rien n'avait changé : les méchants n'avaient cessé d'être les Allemands."
C'est le début de la guerre, qui opposa tous les enfants des diplomates ; donc guerre mondiale ! Amélie est toute fière de son nouveau poste : éclaireur, en raison de son jeune âge. Pour elle, c'est le danger à l'état pur et la bravoure du guerrier lui apportera une gloire éternelle. Elle ne vit donc que pour cette guerre et ce statut privilégié. "De ma vie, jamais nomination ne me combla autant que celle-là : jamais titre ne me parut convenir aussi profondément à la valeur que je m'attribuais." Et les parents sont en marge de leur monde : "Les parents comprirent que la tension belliqueuse était trop forte et qu'ils ne pourraient empêcher le conflit imminent" ; mais il s'arrangeront pour que la guerre ne soit faite que selon leurs principes : contre le communisme. 
Mais au milieu de cette guerre apparaît une petite fille de 6 ans, immaculée, extrêmement belle et pure. Et le centre du monde change...
Malheureusement pour Amélie, cette petite fille italienne n'est pas aussi naïve et innocente qu'elle y paraît et se révèlera être une véritable petite peste.

J'ai bien aimé ce roman, drôle et intelligent ; Amélie use toujours de son humour pour nous conter une aventure loufoque et invraisemblable ! J'ai beaucoup aimé voir à travers les yeux d'une petite fille de sept ans. La guerre prenait parfois des proportions impressionnantes et les enfants peuvent se montrer cruels ! Mais l'humour toujours présent nous rend cette situation hilarante.
Dès le premier quart du livre, Amélie n'est plus maîtresse d'elle-même : elle est esclave de son amour pour Elena, la petite italienne. Et cette peste la contrôlera complètement !
Mais ce livre est une nouvelle : si courte que les pages défilent pour finir moins de deux heures plus tard... Je pense que l'écrivain n'approfondit pas assez mais peut-être cela peut se révèler ennuyeux par la suite... 
Autre point plus négatif : les enfants se voient comme les maîtres du monde et les adultes sont pour eux des êtres à leur service. Passés la puberté, ils ne vivent plus vraiment, à lire ce livre...

Mon avis reste quand même relativement positif et je garde un bon souvenir de ce (trop) court roman. A lire, cela ne prend pas beaucoup de temps, et on referme le livre avec un sourire ! 

Plaisir de lecture : 8.5/10

La+Plume+au+féminin2