imgresSCIencextrA-soleil (glissé(e)s)Renée Michel, 54 ans, et Paloma Josse, 12 ans, vivent toutes deux dans un appartement bourgeois au 7 rue de Grenelle et sont exceptionnellement intelligentes. Mais une barrière invisible et pourtant infranchissable les sépare : la condition sociale. Car Paloma est la fille des Josse du 5°étage et vit dans un appartement de 400m2 tandis que Renée est la concierge de l’immeuble et coule ses jours dans sa loge en compagnie d’un chat obèse. L’une fuit sa riche et superficielle famille en s’isolant par la pensée et se cherche constamment des cachettes ; l’autre fuit le monde dans son «refuge» où elle se délecte des plus grands classiques et se pâme devant des chefs d’oeuvre cinématographiques, littéraires, culinaires et artistiques. Renée se terre et préserve les apparences en jouant les concierges imbéciles devant les résidents. Mais Paloma n’a pas cette faculté et assume sa différence avec difficulté. C’est pourquoi, le jour de ses treize ans, elle veut se suicider.
La rencontre de ces deux femmes se fera par un étrange concours de circonstances. Mais ces deux âmes soeurs sauront reconnaître en l’autre sa vraie nature. 
Mr Kakuro Ozu, japonais de 60 ans, nouveau résident du 4° étage, les réveillera tout deux pour leur ouvrir la voie du bonheur.

Ce livre m’a fait un drôle d’effet : j’ai été comme lessivée, entièrement vidée, incapable d’une décision. J’avais déjà vu le film, donc je connaissais l’histoire, je savais la fin -mais je n’étais pas prévenue de ma réaction. Brutale et incongrue. Incapable d’en parler, incapable de sortir une phrase correcte. 

C’est un livre que j’ai énormément apprécié ; par conséquent, j’ai beaucoup de mal à expliciter ma pensée. 

Renée m’a beaucoup touchée et oh combien je la comprenais... je l’enviais aussi de son petit îlot de bien être, sa petite fenêtre vers un ailleurs. Je m’imaginais sa pièce secrète couverte de livres, avec un bon fauteuil et son gros matou. Protégée de tous, elle vivait tranquillement en trompant son monde. Et elle aurait continué longtemps si elle n’avait ... mais je vous laisse découvrir ! Renée a une très bonne amie, Manuela, qui sait la comprendre, et avec qui elle boit son thé au jasmin tous les mardis après-midi. Il faut croire que Renée a su instaurer une routine et une bulle autour d’elle... j’ai beaucoup aimé sa personnalité ; très humaine, mais très secrète. Et elle parle merveilleusement bien -tellement bien que écrire sur elle me fait l’effet de profaner une magnifique oeuvre d’art. Bon, je ne vais pas jusqu’à dire que ce livre correspond à cette définition, mais il m’a terriblement bouleversée et touchée. J’en suis toute retournée. Car pour moi, ce livre est tout simplement la vie. J’ai relevé tellement de belles phrases, que choisir est une torture. Je n’en mets donc qu’une mais j’espère de tout coeur que vous irez les découvrir si vous ne les connaissez pas. 

J’ai tout autant aimé Paloma, cette fille discrète, surdouée et très réfléchie. J’ai adoré ses Pensées Profondes et son Journal des mouvements et du monde. Ses réflexions poussent à réfléchir sur le monde, sur les gens, sur soi-même. 
On découvre aussi tous ces «riches» tellement coincés dans leur petit monde étriqué que c’en est très drôle par moments. 
Et que dire de Kakuro ! Je l’ai tout de suite aimé. Je crois que je vais me pencher un peu plus sur la culture japonaise. Sa relation avec Renée est si belle, si simple... c’est tellement beau. Il arrive à toucher la Femme à l’intérieur de cet hérisson.

 «Mme Michel, elle a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires, et terriblement élégantes.» (Paloma)

J’ai aussi apprécié -comme vous pourriez vous en douter- les références aux livres, à la lecture, à la langue. Si vous n’avez pas déjà lu Anna Karénine, lancez-vous ! C’est un roman sublime -mais que malheureusement je n’ai pas su aimer à sa juste valeur du fait de mon trop jeune âge lors de ma lecture ; c’est pourquoi il faut que je le relise. Et tous les classiques russes aussi. Pour les vacances, promis. Je vais me faire mon petit voyage en Russie tout seule. 
Et il est inutile de dire que la fin m’a... tourneboulée. 

Je ne peux pas en dire plus, j’ai été trop touchée pour le décrire avec des mots. J’ai adoré ce livre. Si vous n’avez pas aimé, merci de vous abstenir d’attaquer ma belle image idyllique et peut-être ridicule de ce savoureux roman.

Plaisir de lecture : 10/10

 

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