islandeJe suis en train de tomber amoureuse de l'Islande à travers un livre. Ce qui était parti pour une cure de littérature française va se transformer en frénésie nordique. Je pense ici aux pays scandinaves (Norvège, Suède, Finlande) et à cette île si loin, si reculée, si froide, l'Islande. Le nom du pays est comme une caresse... qui savait qu'en islandais, il signifie "terre de glace" ? C'est un pays très sauvage, très nature, et ceux qui aiment les visites culturelles seront un peu déçus je pense. On vit cette découverte au grand air, on doit "sentir" le pays, seul face à ces paysages grandioses, livrés aux climat capricieux (D'ailleurs, un proverbe islandais dit "Si le temps ne te plait pas, attends donc 5 minutes"). Les noms sont imprononçables, ce qui les rend magiques ; on a l'impression qu'ils désignent beaucoup plus qu'un lieu, qu'ils expriment une petite partie de cette terre de glace : Seyðisfjörður, Reykjavik, Strandartindur, Drangajökull, Norðurfjörður...

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Mais il est temps que je vous présente ce fameux livre qui m'a séduite ! Je l'ai rencontré la première fois sur le blog de Karine, et l'avait tout de suite noté. Puis distraite, je l'ai progressivement oublié... jusqu'à mon anniversaire ! Oh miracle, sous un beau papier coloré m'attendait cette porte vers un autre monde... Car on a vraiment l'impression d'avoir quitté le nôtre ! Et c'est exactement ce que je recherchais. 
DONC, on avance, on progresse, je vais finalement en parler, de ce bouquin, ne perdez pas patience ! Il faut dire que je suis un peu réticente quant à vous dévoiler ce qui s'y passe... pour ma part, je suis vraiment partie à l'aventure, et je pense que c'est de cette façon que chacun doit le lire. C'est une sorte d'aventure personnelle, de quête solitaire. Ok, je délire peut-être un peu (beaucoup ?) mais j'essaie de vous transmettre ce que j'ai ressenti. 
Le résumé je dois dire est bien fait (et il donne bien envie de le lire !) :

"Il y a dans le monde ordinaire de Göran Tunström une naturelle disposition à l'extraordinaire, et nul ne saurait s'étonner que Pétur, narrateur de ce livre, ait été mis au monde par une maman sismique, morte avalée par la montagne. Ou que, grandissant à l'adresse prédestinée du 12, traverse des Poètes, il ait reconnu en son père un buveur de lait de lune. Une tendre folie parcourt ce roman méditatif, où les notes graves - la fuite du temps, la solitude, l'approche de la mort - alternent avec les éblouissements de la musique et de la poésie. Mais Le Buveur de lune témoigne surtout du pouvoir narratif de Tunström, de son immédiate perception des scintillements magiques de l'existence, qui donnent à voir autrement la réalité, et qui l'enchantent."

Certes, un peu tronqué le résumé ! Mais c'était le but. Il ne faut pas trop en dire, il faut découvrir. Bizarrement, j'ai trouvé l'histoire belle, mais j'ai été plus sensible à ce qui s'en est dégagé, une sorte de douceur, de tendresse, mais aussi une goutte de tristesse et de vieillesse, un nuage de solitude, dans un cadre stupéfiant. Une islande mystérieuse, qui prendra Larà, la mère "sismique" de Pétur, le héros. Un père, voix du pays (grâce à une fabuleuse invention qui semble envouter l'Islande : la radio)qui accompagnera son fils dans les méandres de la vie -jusqu'au jour où lui-même sera happé par ce tourbillon. C'est un pays familier pour Pétur, un village que l'Islande. Le gouvernement joue au scrabble dans son salon, et petit, une simple petite question sur la présence ou non du raifort au Nigeria aura des conséquences désastreuses. Et que dire du malheureux shoot du petit héros dans le jardin de l'ambassadeur français... 
On rit, on réfléchit, on se sent un peu triste. C'est un récit très poétique, émouvant, qui traite de tout à la fois, implicitement. La relation père-fils, l'enfance puis l'adolescence, les sentiments, l'amour. Les souvenirs du héros nous sont livrés avec douceur.
J'ai beaucoup aimé ce livre, et pourtant je serais bien incapable de le conseiller : c'est un roman "à part", "hors-normes", et la réaction de chacun est bien imprévisible.  
Je vous l'accorde, c'est un billet un peu confus, mais c'est tout à fait ce que je ressens.  

Je vous donne la première phrase :

"Tel le sourire d'une jeune femme qui contemple pour la première fois l'original de La naissance de Vénus de Botticelli, le matin de ce jour se déploya sur la lande jusqu'à laquelle j'étais monté pour puiser mon énergie vitale."

Plaisir de lecture : indescriptible 

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