25471[1]Un récit d’aventure ! Les trois mots qui décrivent le mieux ce roman. Autobiographique, il nous décrit le périple de l’auteur, seul, dans l’Idaho à la frontière du Montana. Sur un coup de tête, et par un incroyable concours de circonstance, voilà notre homme parti pour vivre 7 mois en pleine nature, avec pour seule mission de surveiller un bassin plein d’oeufs de saumons. Ces 2 millions et demi de petites billes, Pete ne les a jamais vu mais c’est avec soin qu’il s’acquitte du peu qu’il doit faire. C'est pourquoi il occupe son temps libre de diverses manières. Se prenant à l’origine pour un trappeur, un chasseur, un «homme des montagnes», les bourdes seront nombreuses, pour le plus grand plaisir du lecteur, véritablement happé par ce court, drôle et fabuleux récit. Au départ entouré de chasseurs, il se retrouve finalement en solitaire avec, pour seule compagnie, sa petite chienne Boone, à traquer les grouses et les écureuils. Mais se rendant compte de sa chance dans des rares moments échappés à la déprime du début, qui heureusement disparaitra au fil du temps, notre trappeur en herbe admire les paysages somptueux et découvre la nature foisonnante autour de sa petite tente rectangulaire. La neige reflétant les rayons du soleil, les crépuscules, l’éclipse, le murmure de la rivière. Ses randonnées se rallongent, son savoir s’agrandit. Un élan pour afin aboutir sur un lynx, il se révèlera compétent et expérimenté. Son épopée est cependant semée d’embûches : un doigt malmené, une maladie, des espoirs vains, des marches incroyables et épuisantes dans la neige, des gardes méfiants, du gibier coriace, lui permettront plus tard de conter à sa famille ses aventures avec fierté.

Mais au bout d’un certain temps, notre héros, habitué à sa vie tranquille et sauvage, instinctive, considère désormais cette tente comme son chez-soi, et la virée à Missoula, sa ville d’étudiant où tous ses amis l’attendent ne feront que renforcer cette idée. Car le moindre mouvement à Indian Creek signifie danger et Missoula n’est faite que de mouvements, finalement inutiles.

C’est là la plus grande force de ce roman : la fin nous donne pour la première fois l’impression de lire un véritable roman autobiographique ; l’on se rend alors compte que tout cette aventure est réellement arrivée.
Et mieux : l’on se rend compte que l’on a véritablement vécu avec le héros ; à vrai dire, retourner dans le «monde civilisé» m’a donné l’impression d’un incroyable décalage. Que de telles aventures soient possibles, que de tels lieux existent, voilà ce qui me fait réellement prendre conscience de ce qui m’entoure.

Plus qu’un roman d’apprentissage, ce livre est un hymne à la nature, à la vie, à la liberté ; à lire, pour les amoureux des grands espaces,  pour les mordus des Etats-Unis, un aperçu de la vie sauvage, un grand bol d’air.

Plaisir de lecture : coup de coeur


Les avis de Keisha, Cryssilda, Suzanne, Allie