045iyr7p13tlm_largeIl y a des films et des livres qu'on ne peut pas voir ou lire à tout moment, j'en ai encore eu la preuve récemment. Déjà, avec Un Jour, je me l'été démontré, en appréciant outre mesure un roman qui finalement comportait quelques tares (notamment les saouleries répétées de Dex), ensuite avec Tree of Life, un film ayant pourtant reçu la palme d'or du festival de Cannes ; finalement, une décoration qui ne m'inscitera plus à regarder le film récompensé d'un oeil plus attentif - bien au contraire. A vrai dire, c'est plutôt simple : je n'ai pas compris l'utilité du film, la série d'images documentaires (montrant la violence du monde, la puissance de Dieu ?) durant dix à 15 minutes, la voix off se répétant bien souvent...bref, je n'ai pas vu ce qui, semble-t-il, en fait un chef d'oeuvre "dont on sait qu'on s'en souviendra dès les 10 premières minutes".
Alors voilà cela m'amène à cette réflexion, amenée d'abord par une phrase du Club des Incorrigibles Optimistes. Est-ce à dire que chaque livre pourrait nous plaire, mais que sa lecture n'est pas forcément faite au bon moment ? En tout cas, il est clair que quand ce n'est pas l'heure, inutile de forcer. Expérience de lire plusieurs romans sur un sujet qui me déplaisait pour essayer de m'y habituer (un peu comme les aliments en fait) ; personnellement, c'était le temps de Guerre qui imgrescoinçait chez moi, à l'exception de la Guerre de Sécession, avec Autant en Emporte le Vent. Sinon, pas moyen, le sujet me révulsait presque... Et vous, quel(s) sujet(s) vous bloquent ? Certains sont sources d'émotions que l'on préfère éviter, dû à une expérience douloureuse ou autre...des sujets hautement sensibles...ou alors des sujets qui ne peuvent nous toucher à un moment précis : aucune expérience qui permet une quelconque compréhension, et donc un total désintérêt pour l'oeuvre qui l'aborde... voilà ce qui c'est passé avec Tree of Life : les enfants, le fait d'être parent, la perte d'un fils, ne m'a pas touché car je n'ai jamais vécu ces expériences. Impossible donc de vibrer. Tout est donc fait pour différents moments de la vie, à savoir qu'ils correspondent à un degré d'évolution de chacun... Ou alors, psychologiquement trop dures, des situations qui nous heurtent...je me souviens de La Femme en Vert, qui se situait non loin de ma limite...le sentiments final est alors légèrement teinté, nuancé de gris ; l'avis n'est pas unanime, on éprouve un certain malaise. 
Par contre 
quand on est prêt, une corde vibre : pour moi, Un Jour, et maintenant Le Pingouin. Peut-être suis-je dans une phase particulière, en tout cas peu l'importe, en ce moment chaque lecture est une bouffée d'oxygène.

Le Pingouin : une histoire vraiment déjantée : à la fois rocambolesque et plate, fraîche et pesante, tour à tour accélérée puis ralentie, on ne sait plus à quoi s'attendre avec Victor, le héros, et Micha, le pingouin dépressif... et j'ai vraiment vraiment apprécié. Le seul problème, c'est qu'il m'est assez dur d'expliciter cet opinion car je n'ai aucune idée de la cause : loufoque, c'est sûr...mais finalement en quoi ? L'existence de Victor est assez banale, à part peut-être son travail, qui consiste à rédiger des "petites croix", des nécrologies à propos de personnes encore vivantes. Je dois dire que quelques éléments sont facilement prévisibles, mais la fraîcheur du récit, le style fluide, m'ont embarquée, et j'ai véritablement passé un très bon moment en compagnie du roman de Kourkov. La fin éclaire un peu, mais ce n'est ni une chute ni une explication de roman policier, juste un aboutissement qui se faisait de plus en plus nécessaire au fil des pages. On sent le carcan se refermer autour du héros au fur et à mesure qu'il se retrouve embrouillé dans des situations saugrenues. Un héros passif pourtant, qui ne recherche que la tranquilité ; on se demande parfois furtivement comment il en est arrivé là, avant de hausser les épaules et de poursuivre le récit, amusé(e) plus qu'intrigué(e) ;)

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