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Gotham est devenue le repaire des malfrats, la ville est rongée par la corruption et la malhonnêteté. Cette ville, pourtant puissante, comme nous le montrent les premiers plans de la caméra, balayant une cité aux immeubles incarnant le pouvoir et la prospérité. La tour Wayne, centre officieux de Gotham, regroupe en son sein tout ce qui se fait de mieux en matière de technologie et d'armement de pointe. Cette entreprise immuable et détenue par la riche famille éponyme, dont le fils unique, Bruce, plus connu sous le nom de Batman, sera le seul héritier à la mort de ses parents. Persuadé d'être la cause directe de leur assassinat un soir après l'opéra,

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le jeune garçon en garde un souvenir douloureux d'où il puise une haine et une rage sans cesse renouvelées contre tous ces criminels de sang froid, ceux la même qui pourrissent sa propre ville. L'assassin, pris dans les engrenages de la société, comme un rat parmi tant d'autres, ne constitue en rien une exception que l'on se doit d'exterminer pour revenir à la normale. La crise a pour conséquence irréversible l'appauvrissement des habitants, dénués de tout, et faisant les trottoirs pour un soir tomber sur des gens fortunés et leur voler argent et bijoux. Tragiques victimes d'un engrenage dont ils sont eux mêmes un rouage capital, les parents de Bruce restent un symbole qui secoue la bourgeoisie. Mais Gotham, pourrie de l'intérieur, ne peut renaitre que de ses cendres; c'est hélas une ville qui ne fait que grossir et qui n'a nulle intention de tomber, tellement prise maintenant dans ses fils poisseux de contrebande. C'est ici précisément qu'intervient La ligue des ombres; ces "disciples ninjas" de l'ordre n'aspirent qu'à détruire ce nid infesté pour éradiquer une bonne partie de la gangrène de ce monde. Bruce, qui parcourt le monde et s'instruit de toutes les formes, représentations, actes et combines des criminels, est recruté et initié à leurs pratiques, ce qui lui fournira un entraînement pointu en matière de défense et de self-control. Mais notre héros, façonné par les valeurs paternelles, ne peut souffrir de telles exécutions, sous couvert de la vengeance. La justice doit s'appliquer, les fautifs jugés, et la ville épargnée. On ne s'en attendait pas moins de la part d'un futur super héros. 

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Sa première initiative, logique et souhaitable, est de se familiariser avec l'entreprise familiale. Où Largo Winch échoue tout d'abord en n'étant pas reconnu des "pontes" à sa tête, Bruce Wayne se voit aureolé de succès en étant épaulé rapidement des différents membres -il nous semble. L'intérêt du spectateur pour les découvertes de Bruce s'accroît lorsque celui ci se penche sur la production et l'expérimentation : les armes de pointe rivalisent d'ingéniosité et d'originalité. Passage obligatoire pour tout super héros en formation qui se respecte. On se souviens ainsi d'Iron man manipulant les futures pièces de son armure, et c'est avec le même plaisir qu'on assiste à la création de Batman. Figure bientôt reconnue dans la ville (et ici le héros doit remercier son fidèle serviteur Alfred), à l'inverse de Spider man qui tarde à se faire un nom, il est vite pris au sérieux et son rôle clé nullement sous estimé. 

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Son amie d'enfance, Rachel, devenue procureur, brille par sa combativité et son assiduité au travail. Mais son intelligence l'entraîne vite à découvrir que Falcone, gangster renommé à la tête du réseau de malfrats, n'est qu'un pion qui sert en toute discrétion les ambitions d'un autre, bien plus dangereux et détraqué. Dans le rôle du savant fou, il obtiendrait sûrement une distinction de choix. On adore. Sa plus grande arme est bien la peur, fil conducteur de ce film, cette faiblesse qui se niche dans tous et ressurgit pour nous faire perdre nos moyens. C'est cette même arme qu'a appris à manier Batman, à l'origine même de son nom et emblème, la chauve-souris, cauchemars de Bruce depuis qu'il est tombé dans un puits petit. La contrôler, l'exorciser permet de pouvoir manipuler celle des autres, Batman n'est pas le seul à l'avoir compris, et ses adversaires seront de poids. 

De rebondissements en scènes d'action à effets spéciaux impressionnants, les fils des multiples intrigues se nouent et se dénouent à un rythme enlevé. Le spectateur est happé dans cette course folle au volant de la batmobile, et a tout juste le temps de reprendre haleine entre deux interventions du héros. 2h et quelques d'action, mais pas que, et c'est là que s'appuie la renommée de ce grand film, dûment méritée. Il ne se range pas parmi les block buster à classer au plus vite dans les rayonnages et à oublier, mais appartient plutôt à la catégorie des films cultes à posséder chez soi afin de passer une excellente soirée. Ici je rejoins l'avis de beaucoup, le mien se fondant dans la multitude de ceux déjà édités, rejoignant les commentaires toujours plus enthousiastes et donnant bien vite le relai aux critiques plus approfondies et complètes qui sauront rendre justice à Batman Begins. 

Vous devinez sûrement que le visionnage de ce film n'est pas dû au hasard ;) et en effet, le deuxième volet de la trilogie suivra de très très près pour préparer au mieux le troisième et dernier, Batman Rises, sorti dans les salles depuis un moment déjà...mais quand on a vu ou plutôt été assailli par l'immense poster recouvrant deux immeubles dans Time Square et Broadway en plein New York, poster sombre mettant en valeur une certaine chauve souris sur fond d'explosion, on a qu'une envie...découvrir cet univers tant vanté et se précipiter dans les salles obscures !!!!

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