Me voilà rentrée :) en attendant de rentrer chez moi dans le Sud, et de trier les photos, voilà quelques romans que j'ai lu sur place...

9782070341924[1]

Ok, on m'avait prévenu, et les nombreuses critiques sur les blogs littéraires ne laissaient pas de place au doute. Auprès de moi toujours n'est pas un livre facile, ce n'est pas un coup de cœur, ce n'est pas un livre doudou, un livre insouciant qui traîne sur votre table de chevet pour au grès des envies en relire des passages. Auprès de moi toujours est un roman émouvant, âpre, dur, sincère, paradoxalement profondément humain. Doux dans une certaine mesure. Mélancolique, nostalgique et triste. D'une tristesse indicible. Mais tellement beau ! Les plus sensibles en auront les larmes aux yeux.

C'est sciemment que je ne m'approche pas de l'histoire à proprement parler, car c'est à vous de la découvrir, et vous en livrer qu'une petite parcelle serait arracher à ce roman une part de sa magie, de son unité. Juste vous décrire les grandes lignes pour que vous jugiez si il pourrait vous tenter : peut être peut on commencer par vous présenter les personnages principaux, ceux auxquels on s'identifie, même si l'on sait qu'ils ne sont qu'une représentation d'un mal qui  en touche bien d'autres... Nous avons donc Kath, la narratrice, Tommy et Ruth, ses deux amis les plus proches, qui traverseront les difficiles épreuves de cette vie à part. À part ? Oui, car on se rend très vite compte que cette sorte d'institut, Hailsham, n'est pas une école ordinaire, rien qu'a observer les réactions des "gardiens", les encadrants et professeurs à la fois, lorsque les élèves semblent s'approcher d'un sujet sensible. Des remarques voilées, des suggestions, des gestes qui offrent matière à réflexion pour Kath et Tommy. Ruth, qui cherche surtout à s'intégrer, à être populaire, tente de se cacher cette réalité qui peu a peu se révèle à eux. Mais quelle vérité ?

Le thème est très similaire à un film que j'avais vu, un thème presque...futuriste, qui permet une belle critique de notre société : elle nous révèle toute l'âpreté de l'individualisme humain, confronté à la survie. Ici je m'arrête, je n'en ai presque trop dit. Les personnages sont brillant d'intensité, tellement vivants, que vous souffrez pour eux à mesure que les pages défilent. Par instant, le récit peut paraître...presque répétitif, dans la façon dont il est agencé, des souvenirs épars...mais témoignant d'une époque révolue et pourtant en perpétuelle évolution à l'intérieur de chacun d'eux, leur opinion se façonnant en y songeant et en en débattant, ces souvenirs sont si emprunt d'une certaine beauté...qu'à votre tour vous vous les appropriez et les chérissez en comparaison d'un présent si noir. Un souvenir en appelle un autre, continuellement de manière très elliptique, on avance progressivement, assez étrangement en fait. J'ai eu du mal à m'y habituer, mais c'est quand même un style très fluide et accessible. Divisé en trois parties, le récit suit un ordre chronologique clair. Autant par son évolution d'un point de vue psychologique que social, Kath, la narratrice, reste une fille particulièrement intéressante et vive, lucide, et attentive aux autres. La suivre est vraiment enrichissant, ses réactions, ses relations...tout tend petit à petit à s'apparenter au drame. Autant le film auquel il me fait penser finit sur une note d'espoir autant ici, et c'est peut-être ce qui fait la grandeur du livre, suit on la même ligne sombre ; une échappée de ce monde égoïste, celle de Kath, être sensible et condamné. Auprès de moi toujours est, je pense, un roman que l'on dévore ou que l'on abandonne. On aime ou on rejette. Cela doit être du à la narration...je l'ai englouti en 2 jours, j'ai vraiment adoré ma lecture, même si elle fut plus que dérangeante. Des questions éthiques sont soulevées, j'aimerais d'ailleurs beaucoup en discuter avec ceux et celles qui auraient lu ce roman.

Plaisir de lecture : 8/10