imgresSCIencextrA-soleil (glissé(e)s)C'est un livre que j'ai lu il y a environ un an, mais qui m'a vraiment marqué. Alors, j'avais envie d'en dire deux mots. Déjà, Stefan Zweig est incontestablement un de mes auteurs cultes. Eh oui, comme sûrement une bonne partie d'entre vous (les autres, précipitez-vous !), j'ai succombé à la plume de Stefan Zweig. De tous ces romans, je ne peux élire mon préféré. Chacun m'a profondément touché, en raison de sa sensibilité, de son étude des sentiments, qui nous éclaire à chaque fois une infime part de la nature humaine. Cet auteur a une finesse, une beauté de prose incomparable qui lui vaut toute mon admiration et mon respect. Son analyse psychologique est si fine qu'elle en devient merveilleuse à tous les sens du terme. Je vous avais déjà parlé de Marie Stuart, mais maintenant il s'agit d'un roman, qui a l'air plutôt inconnu.

Un soupçon légitime nous présent tout d'abord l'histoire d'un couple recemment retraité (la femme en est la narratrice) qui qui profite pleinement de leur emménagement dans une confortable petite maison dans la campagne anglaise, une petit localité campagnarde des environs de Bath. Ils sont tombés amoureux de ce petit paradis, cette petite vallée "toujours verte" de Limpley Stoke, traversé par un pittoresque petit canal rafraîchissant. Mais voilà que quelques temps plus tard, le début d'un chantier vient troubler leur tranquilité. Qui venait donc s'installer près de chez eux ? Quels seraient leurs nouveaux voisins ? Quand un jour viennent se présenter les Limpley - oh coïncidence avec le nom de la vallée, mauvais présage ou simple hasard ? Toujours est-il que c'est une femme souriante qui vient un beau jour se présenter en premier. Ravissante, fraîche et jeune, elle respire la gentillesse, et la bonté. Tout en elle ravit le vieux couple. Alors qu'ils se promènent quelques temps après, le long du canal, John Limpley en personne vient leur présenter ses salutations. Un bon gaillard naïf et gentil. Tout paraît bien aller dans le meilleur des mondes. Limpley est en fait si gentil, si serviable, si bon, si naïf qu'il en devient vite encombrant pour le couple en quête d'aménité. Cette homme est littéralement débordant de vitalité et enlève toute celle de nos deux amis. La narratrice, pour combler ce trop plein d'énergie, décide de leur offrir un chien, Ponto. Celui-ci devient alors le compagnon de jeu de Limpley, dont toute l'attention et la vitalité se centre sur Ponto. Il n'en reste pas moins très présent dans la vie des retraités...


Librairies par librairies, je glanais quelques passages de ce livre très prenant. Je lisais une petite dizaine de pages à chaque fois ; en fait, je me disais : "Perrine, réfléchis, veux-tu vraiment nourrir ENCORE ta monstrueuse PAL ?" "Non" répondait mon petit Jiminy Cricket. Alors, résignée, j'étais pourtant "magnétisée" par ce livre. Mon petit manège bien innocent n'échappa pas à ma mère lorsque celle-ci m'accompagna. Et à la caisse, que vois-je dépasser de son petit tas (telle mère, telle fille... elle est quand même plus raisonnable que moi -genre, elle lit le livre qu'elle achète immédiatement, ou juste après- non, franchement, me direz-vous -et j'acquiecerais précipitamment- pourquoi favoriser un livre récent à un pauvre livre des tréfonds de la PAL ? Mais où est la démocratie ^^') ? (oui, j'avoue, les parenthèses et tirets sont mes péchés mignons -et vous n'imaginez pas à l'oral). Alors ma gentille maman m'avait acheté ce fameux livre... qui, j'espère, ne tardera pas à atterrir dans vos mains ! Pensées tentatrices... 

Allez, je mitraille votre Jiminy Cricket : voici le début du livre : 

"Pour ma part, j'en suis tout à fait certaine, le meurtrier c'est lui - mais il me manque la preuve ultime, irréfutable. " Betsy ", me dit toujours mon mari, " tu es une femme intelligente, qui observe vite et bien, mais tu te laisses mener par ton tempérament et tu portes souvent des jugements hâtifs. " En fin de compte, mon mari me connaît depuis trente-deux ans et ses mises en garde sont peut-être, et même probablement, justifiées. Je dois donc, puisqu'il me manque cette preuve ultime, me faire violence pour réprimer mes soupçons devant les autres. Mais chaque fois que je le croise et qu'il s'approche de moi, brave et amical, mon cœur s'arrête de battre. Et une voix intérieure me dit : c'est lui et lui seul, le meurtrier. Je veux donc essayer de reconstituer une fois de plus, rien que pour moi, le déroulement de toute l'histoire..."

Et n'essayez pas de faire comme moi -le commencer dans la librairie- ou alors, n'oubliez pas l'heure de fermeture de votre librairie ^^' !

Non, vraiment laissez-vous tenter !

Plaisir de lecture : 10/10