Voici donc pourquoi j'ai été si longtemps absente ces derniers temps, en tout cas sur mon blog.

Je voulais aussi vous remercier pour tous vos gentils commentaires qui m'ont fait très plaisir ; tout en réalisant ma chance d'avoir fait d'aussi jolies rencontres en seulement un mois. D'où mon merci. Grâce à vous, je ne regrette absolument pas mon entrée dans la blogosphère et me réjouis de ma décision d'en faire partie ! C'est un autre monde, beaucoup plus doux, un petit cocon protégé de la réalité... Merci à tous et à toutes !

9782757823071Nuit et jour (encore) un livre de Virginia Woolf... ne vous inquiétez pas, après je change d'auteur, mais ma découverte est loin d'être terminée !

Comment commencer ? C'est assez dur. Vous souvenez-vous de ma citation ?

"Chacun de nous est un précipité de jour et de nuit"

Camille Laurens

Cette citation prend tout son sens à la lecture de ce roman. 

L'héroïne est Katherine Hilbery, oui, avec un k, ce qui reflète bien l'intensité du personnage. Je dois signaler que l'édition est certes jolie mais comporte beaucoup de coquilles ; je suis assez sévère, mais je vous préviens, il y en a une petite dizaine...

DONC, j'ai du mal a me plonger dans mon résumé, tout est assez confus. Je crois que j'ai la tête complètement remplie de mon nouveau livre...

Katherine Hilbery a non seulement un joli nom, mais a aussi l'intelligence et la beauté pour elle. Grande, élancée, elle marque les gens par son côté disons "original". Cette héroïne, je l'ai beaucoup admirée, même si quelques fois, j'avais envie de la secouer ! C'est une jeune femme intelligente, mais souvent sujette aux rêveries. Elle est la petite fille du célèbre poète Richard Alardyce ; une pièce lui est d'ailleurs réservée, et la visite des reliques est incontournable pour les hôtes. Sa famille vit un peu dans son ombre, tout en gardant un rang élevé. J'ai beaucoup aimé la mère, Mrs Maggie Hilbery, dont la personnalité est fouillée : elle est un peu excentrique, affectueuse, parfois décalée, elle ne manque pas de charme. Certains personnages la trouve agréable car elle meuble seule la conversation, faisant les questions et les réponses. C'est un personnage qui m'a fait rire.

Katherine est fiancée à William Rodney, mais leurs relations sont assez ambigües... ils ne savent pas très bien si ils s'aiment ou pas ; je pense qu'en fait, il existe pour eux deux sortes "d'amour". Ils s'apprécient beaucoup et feront preuve tous deux d'une grande bonté envers l'autre. Rodney m'est d'abord apparut antipathique, pathétique avec sa timidité et son honneur ; mais petit à petit, il m'a conquise par sa gentillesse. On le découvrait plus dans un premier temps à travers Katherine, dans son ombre, mais c'est un personnage très affable.

Viens ensuite Mary Datchet, une "suffragette" ; elle travaille donc "de neuf heures à six heures" pour le droit de vote des femmes. On peut cependant supposer que c'est une façon d'exploiter son temps. Mary est intéressante car elle traverse différentes phases. Elle rêve de liberté mais s'emprisonne dans ses sentiments. 

Enfin, Ralph Denham, un peu "héros" aux côtés de Katherine, est l'élément déclencheur de ce roman. Quand il croise celle-ci pour la première fois à une réception chez les Hilbery, la rencontre est froide. Pourtant Ralph fait de Katherine une véritable obsession. Il est à l'origine de tous ces bouleversements internes que subissent nos protagonistes. Issu d'un modeste milieu, avocat, il est orgueilleux et parfois cynique, mais il soulève de nombreuses questions existencielles. 

Ainsi, Mary tombe amoureuse de Ralph ; celui-ci est obsédé par Katherine ; en revanche, cette dernière n'arrive pas à cerner ses sentiments, qui ne sont dévoilés que plus tard. Rodney est amoureux de Katherine, mais cet amour se transforme petit à petit en profond respect, et en amitié.

Ces jeunes gens se rencontrent à diverses occasions, s'invitent, arrivent à l'improviste, sortent...on découvre un pan de la société de cette époque du début du XX°siècle, un aspect du roman que j'ai beaucoup apprécié.

J'ai retrouvé le style de Virginia Woolf, quoique moins présent, mais toujours aussi magnifique. Ses expressions, ses tournures de phrases, sa prose tout simplement ne me laisse pas indifférente. Mais je dois avouer que j'ai préféré à ce livre Vers le phare, que je trouve plus aboutit et plus magistral. Nuit et jour, est en effet plus classique, et je ne suis pas la seule à le dire. La trame est une sorte de chassé-croisé amoureux, qui laisse parfois plus de place à l'action qu'aux pensées...les agissements de certains personnages servent leurs idées, mais les monologues auxquels Virginia Woolf m'avait habituée sont beaucoup moins présent. C'est un livre très intéressant, frais, mais j'y ai été moins sensible qu'aux précédents. C'est d'ailleurs assez particulier : tout au long du roman, je me suis dit que c'était un livre absolument génial puis l'ayant fini, je me suis rendue compte qu'il ne m'a pas beaucoup marquée, même si j'en garde un bon souvenir.

Quelques extraits :

Mrs Seal est une collègue de Mary..."Mrs Seal errait avec des coupures de journaux qui lui semblaient "tout à fait extraordinaires", ou "vraiment trop médiocre pour en même en parler". Elle les collait dans des livres ou les envoyait à ses amis après avoir tracé un large trait zu crayon bleu dans la marge, procédé qui indiquait indistinctivement les abîmes de sa réprobation ou les cimes de son enthousiasme."(p92) Mrs Seal est une femme excentrique, très drôle.

"(Mary) avait surpris dans le regard des passants une étincelle qui semblait jaillir au contact des choses qui s'offrait à leur vue et les portaient en avant : les jeunes femmes regardant la devanture des magasins de mode avaient cet éclat au fond des yeux ; et des hommes âgés qui feuilletaient des livres chez les bouquinistes, attendant impatiemment d'en connaître le prix -le plus bas possible- l'avaient aussi."(p276) 

p448 " - Dites-moi ce que vous voyez, dit-il.

Mais elle ne pouvait réduire sa vision à des mots, car il ne s'agissait pas d'une forme simple et colorée sur un fond noir, c'était plutôt une exaltation, une atmosphère, qui, lorsqu'elle essayait de la mettre en image, prenait la forme du vent dans les collines du nord et d'un rayon de soleil sur des champs de blé et des étangs." (p448)

Il y a tellement de beaux passages...

Plaisir de lecture : 8.5/10

Edit du 26/09/2011 : Finalement, mon billet n'est vraiment pas à la hauteur du roman ; mais vraiment pas. Aujourd'hui, j'en garde un souvenir tout autre, et je peux vous dire que c'est un très bon roman ! Je le relirai un jour et modifierai mon billet.