imgresAinsi je continue ma virée nordique ; mais cette fois-ci, ça a été un peu plus rude : ce policier baigne dans une atmosphère, une Islande sombre, froide, hostile, où des souvenirs pèsent. 
Erlendur Sveinsson, l'enquêteur d'Arnaldur Indridason, est chargé de l'enquête. C'est un personnage complexe, en quête de lui-même, un peu déboussolé. Lui aussi porte de lourds secrets qui l'entravent dans le présent : il ne sait plus où il en est avec son ex-femme, avec ses enfants, quasi étrangers. Quand sa fille Eva Lind le sollicite, il la trouve entre la vie et la mort, plongée dans le coma. A son chevet, il se libérera peu à peu de ses chaîne et apprendra enfin à se confier. 
Cette "affaire" parallèle est intéressante : l'enquêteur, habituellement sûr de lui, est ici présenté avec des faiblesses, des failles. Le lecteur s'attache d'autant plus à lui.

L'enquête principale est divisée en deux temps, (littéralement) présent et passé. Au final, cela nous donne trois "enquêtes". Ce roman est donc foisonnant ! 
Tout commence lors d'une fête d'anniversaire quand un jeune étudiant en médecine remarque le jouet étrange d'une gamine ; après examen, il s'agit bien d'un bout de côte humaine (toujours surveiller les jouets des enfants !). On retrouve le lieu d'où provient l'os, sur une colline de Reykjavik, dans les fondations d'une maison en construction. Les fouilles commencent, pour s'éterniser tout au long du roman ; on nous décrit toutes les phases de l'exhumation et de l'impatience (voire l'agacement) d'Erlendur (et de nous, lecteurs) !! Aidé de ses deux coéquipiers, Elinborg et Sigurdur Oli, il ne perd cependant pas son temps et interroge les personnes vivant dans les environs. Des histoires, des hypothèses voient le jour, mais les interrogatoires et les pistes à déméler sont nombreux ! 
Parallèlement, nous suivons l'histoire de Margaret et ses trois enfants, Mikkelina, Simon et Tomas, islandais, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cette pauvre femme subit les violences répétées de son mari Grimur, sous les yeux terrifiés des trois enfants. Une ambiance de terreur s'installe ; les scènes sont très violentes, dures psychologiquement et le lecteur suit, révolté et impuissant, la dégradation de cette malheureuse âme. 
Quand enfin apparaît la femme en vert, tout se recoupera pour former la trame d'un drame monstrueux. 

Un roman lourd psychologiquement, une enquête malaisée. Il m'a été un peu difficile à lire, surtout à la fin. Je crois que certains passages m'ont vraiment marquée, l'auteur explorant au maximum le sujet de la violence conjugale, voire la folie. Comment un être humain peut détruire une vie. Je me suis bien attachée à Elinborg, cette femme compréhensive, et Erlendur. Quant à Sigurdur Oli, il m'a été un peu pénible par moments : incapable de prendre de réelles décisions, n'accordant que très peu d'intérêt à l'enquête, rechignant au moindre petit obstacle, l'auteur l'a gâté. Mais il est indispensable au roman, pour contre-balancer, je pense, les autres enquêteurs, l'histoire ; il représente le présent insouciant, égoïste, face à ce passé si sombre. 

Je pense lire d'autres enquêtes d'Erlendur, mais peut-être relativement espacées.

A lire, avec un état psychologique approprié ! 

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C'était mon entrée, peut-être un peu plus conséquente que ce que je prévoyais, de mon menu, challenge organisé par Whoopsy Daisy.