163748136420902495Y19M3KS4c_largeC'est beau la nature, c'est le renouveau, il fait beau, ça chauffe, tous les fruits se réveillent...ok, celui ou celle qui m'aurait dit ça il y a deux semaines aurait eu droit à un regard éberlué ; la nature, ça existe encore ?? Non parce que ces derniers temps, j'ai eu du mal à réhabituer mes yeux à tout ce qui n'était pas fiche de révision ou annales de bac, ne m'en veuillez pas ! Bac = stress. Même les épreuves anticipées (en parlant de ça, c'est quoi cette blague de remettre l'histoire géo en term ? Alors on sera la seule promo à passer le bac en première ? Vive la contradiction politique XD). Est-ce que je me souviens de ci, de ça ? Et le plan de cette séquence, c'est quoi déjà ? Attends, y a quoi dans le 2°tiret du 2 du B du II de la séq8 ? Ah si, c'est bon, politique de la ville, côté éco du Développement Durable. Et dans la séq 20 ? ....etc.... et en Poésie ? C'est quoi déjà la métrique ? Les vers impairs, défendus par qui ? Agrippa d'Aubigné, quel contexte, Louise Labé, rondeau ou sonnet ? Oui, c'était mon quotidien pendant une semaine, intensément. A cela se rajoutent le Code de la route à passer, et un concert à préparer. "elle est cool ta vie". Ben ouais, passionnante je dirais même. Mardi, mercredi 19 et 20 juin et déjà un grand poids en moins. Tout ça pour vous dire, qu'en mon état de stressée de la vie, j'atteins des sommets quelques fois, pour retomber dans une contemplation détachée de ce qui arrive. No soucis, je gère. Non pas du tout je vais me planter. Mais non ya pas de raisons. Incessant. 
Et là, PAUSE, STOP. Lunettes de soleil, chaise longue, coussin, maillot de bain, LIVRE. Respire. Tourne la première page. Respire. Lis la première ligne. Plonge. Le Bonheur. Evasion. Voilà comment j'ai entamé Un Jour de David Nicholls. Voilà comment ce roman, d'allure simple, intrigue facile, et style courant, a pourtant réussi quelque chose dont je lui suis très très redevable : me vider la tête.
Finalement, les épreuves sont quasi toutes passées, nous avons eu droit à l'Algérie et au discours d'Himmler, puis à la poésie et la quête du sens. Dissertation : Dans quelle mesure la poésie est-elle un genre efficace pour présenter une critique de la société ? En complément de la question sur le corpus, qui revient à faire une étude comparative de 4 textes, j'ai donc gratté 8 pages. Et 7 en HG. Mon pauvre stabilo bleu s'est vu rétrécir d'un bon centimètre. Grande salle, beaucoup d'élèves, des professeurs surveillant, des sujets officiels distribués solennellement, des feuilles émargées, des brouillons de couleurs, le stress qui monte quand la copie arrive. Et puis finalement...de nombreuses connaissances autour de soi, une auto thérapie gestion de stress...et c'est parti pour 4 heures, qui se révèlèrent fructueuses...et presque agréables !! Résultats le 11 juillet...
Puis concert dans une collégiale le 23, un peu de public, pas trop de pression, juste une envie irrépressible de s'enfuir en courant en criant Je veux mes vacances !  Maintenant, reste le Code et l'oral de français le 4 juillet...trop loin encore pour appréhender, mais on s'y met doucement... Voilà donc un mois de juin qui se termine en apothéose, et qui ne fut vraiment pas de tout repos. Plusieurs acquisitions aussi : La vie très privée de Mr Sim, Le pingouin, Sur la route... Des romans pour l'été, qui s'annonce somme toute agréable !

imgresTout ceci m'amène donc à vous parler d'Un Jour. Depuis pas mal de temps, je le voyais en tête de ventes, je me méfiais comme un bestseller m'avait déjà profondément déçu (cf Les Yeux Jaunes des Crocodiles). Donc je l'ai finalement acheté comme mes parents avaient pris le DVD, afin d'avoir lu le livre avant de voir le film. Je l'ai pris pour ce qu'il était : un livre sans grande prétention, mais D E T E N D A N T.
Et, oh joie, ce livre fut une réelle délivrance, me coupant du monde des révisions ; j'ai été happée dans l'histoire d'Emma et Dexter, deux étudiants qui viennent d'obtenir le diplôme le jour où ils se rencontrent pour la première fois : le 15 juillet 1988. Le roman s'organise sur 20 ans, comme un journal, et faisant de chaque chapitre les retrouvailles du lecteur avec nos deux héros à la date clé du 15 juillet - un an plus tard. D'une rencontre touchante (qui se dévoile petit à petit) en disputes jamais très sérieuses, Dex et Em - Em et Dex - sont véritablement meilleurs amis : comme on peut en voir uniquement dans les films. Cette relation, intense à son commencement, et par là très...émouvante pour ceux qui comme moi sont un peu fleur bleue (les autres, passez votre chemin !), suit son cours, se relâche, se renoue, subit les aléas de la vie mais résiste toujours. Ces 20 années sont marquées par des tournants parfois radicaux pour chacun des deux, l'avenir étant constamment flou ; et de loin en loin, un signe, une parole, une invitation à se revoir ; une belle amitié, libre, qui ne pèse pas sur eux, mais pourtant qui leur devient essentielle. 
Un aspect agréable du roman, c'est la psychologie très différente et finement étudiée de chaque personnage ; aucun n'est parfait, chacun nous horripile à un moment donné, on s'attache à l'un, puis à l'autre, on comprend leurs réactions, on a parfois très envie d'intervenir et de les secouer !! 
Au départ, je n'étais pas emballée par la construction du récit, ce principe de date anniversaire. Mais c'est vraiment le deuxième atout du livre : revenir ainsi à chaque fois sur une date clé rend l'histoire plus véridique ; les années passent et laissent leur trace ; l'année qui suit nous ramène nos deux héros, mais dans des situations bien différentes ! J'ai plusieurs fois eu la sensation d'une caméra qui s'allumait brusquement sur une scène, laissant le spectateur-lecteur essayer de recoller lui-même les morceaux. Des bons dans le temps sont faits pour nous aider heureusement. Et finalement cette date ne prend tout son sens qu'à la fin, fin qui surprend et sublime toutes les actions passées.

Un roman vraiment agréable donc, spacialement et temporellement très libre, plein de sentiments, détendant et gentil. Un livre qui sera rangé dans les étagères, corné et agrémenté de quelques grains de sable : c'est LE "livre de plage" !

Plaisir de lecture (dans le contexte) : 9/10