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4e de couverture : Par une nuit d’été, une femme se jette dans sa voiture. Les mains qu’elle pose sur le volant sont couvertes de sang. Avec son petit garçon sur le siège arrière, Annie s’enfuit vers le seul endroit où elle se sent en sécurité : la maison de vacances familiale, l’ancienne résidence du gardien de phare, sur l’île de Gråskär, dans l’archipel de Fjällbacka. 

Quelques jours plus tard, un homme est assassiné dans son appartement à Fjällbacka. Mats Sverin venait de regagner sa ville natale, après avoir travaillé plusieurs années à Göteborg dans une association d’aide aux femmes maltraitées. Il était apprécié de tous, et pourtant, quand la police de Tanumshede commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Bientôt, il s’avère qu’avant de mourir Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l’île de Gråskär – appelée par les gens du cru “l’île aux Esprits”, car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants…

Erica, quant à elle, est plus que jamais sur tous les fronts. Tout en s’occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu’elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s’efforce aussi de soutenir sa soeur Anna, victime, à la fin de La Sirène, d’un terrible accident de voiture aux conséquences dramatiques… Avec Le Gardien de phare, Camilla Läckberg poursuit la série policière la plus attachante du moment.

L'auteur : Née en 1974, Camilla Läckbierg est l'auteur de romans policiers mettant en scène le personnage d'Erica Falck, vendus à plus de deux millions d'exemplaires en France. Ont déjà paru : La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L'Oiseau de mauvais augure (2010), l'enfant allemand (2011) et Ia Sirène (2012), tous publiés dans la collection "Actes noirs".

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Il s'agit donc ici du septième tome de la série de Camilla Läckberg. J'avais découvert le premier précédemment (le seul tome que l'ai lu en fait, il n'est pas forcément nécessaire de les avoir tous lu), et la plus grosse différence réside dans le fait qu'Erica n'a presque aucun lien, cette fois-ci, avec l'enquête, qui est essentiellement menée par son mari Patrick. C'est un aspect qui m'a un peu gênée, car j'avais beaucoup aimé le personnage d'Erica Falk et son implication dans La Princesse des Glaces. C'est donc un gros regret. On la retrouve principalement chez elle ou sur le chemin de la crèche, jouant son role de mère à fond, un aspect certes intéressant, mais redondant pour le lecteur. Cela permettait de constituer un pied à terre intéressant, de quitter quelques temps l'enquête pour rester un peu avec Erica, et suivre Patrick dans sa vie privée, de développer une deuxième intrigue au travers de sa sœur et de son rétablissement suite à l'accident : dans le précédent tome (La Sirène), Erica et sa sœur Anna, enceintes, sont victimes d'un accident de voiture, entraînant l'accouchement prématuré chez les deux femmes, mais le bébé d'Anna ne survit pas, quand Erica met au monde deux jumeaux. Tout un cheminement psychologique se met alors en place, car Anna s'est retranché dans sa solitude, vide, au bord du gouffre, puisque cette perte s'ajoute à la longue liste de dures épreuves que la jeune femme a déjà traversée. Il s'agit donc de l'intrigue "en retrait", secondaire. Si Erica croise somme toute différents personnages impliqués dans l'enquête, et découvre "le pot aux roses" à la fin, elle se concentre principalement sur sa famille dans ce tome.

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Pour en revenir à l'enquête, c'est une affaire complexe puisque les indices sont incroyablement rares. Mats est un homme qui n'a laissé aucune trace, si ce n'est un souvenir de discrétion, de gentillesse, et d'attention, dans l'esprit de ceux qui l'ont croisé de son vivant. Rien qui puisse faire avancer l'enquête, qui demeure bien longue à se mettre en place, et à prendre de l'ampleur. Ce n'est en fait que dans les 40 dernières pages que tout s'accélère, que le lecteur est accroché à son canapé et projeté loin, très loin, pour ne plus pouvoir sortir du polar.

Annie met en fait un temps très long à intéresser les policiers, et reste un des nombreux personnages, peut être plus consistant que les autres et plus mystérieux cependant, que Camilla Läckberg met en scène. En effet, une foule de personnages a voix au chapitre, et se relaie, sur quelques pages guère plus, formant comme un grand patchwork sans lien en apparence. Tout est disséminé, et on s'interroge sur la façon dont tout ceci va s'emboîter ! Les fausses pistes sont effectivement nombreuses, les intrigues, multiples, et démêler le vrai du faux, l'important de l'accessoire demeure impossible pendant presque tout le roman, à la grande frustration du lecteur, en tout cas de moi, qui ne parvenait absolument pas à déceler ce qui se trouvait juste devant mon nez !

Pour parachever le tout, on a aussi droit au récit de l'histoire tragique d'Emelie, en 1871, sur l'île de Gråskär, l'île aux Esprits, l'île d'Annie. Si tout ceci est définitivement lié, on ne démêle les éléments que progressivement et avec de la patience et une observation, une intuition acérées car rien n'est laissé au hasard, et c'est en recoupant plusieurs informations qu'il devient possible d'entrevoir une piste.

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Le cadre suédois est encore une fois un plaisir, l'atmosphère délectable, la petite ville de Fjällbacka reste la cible préférée de l'auteur, et comme elle le glisse dans ses remerciements, les habitants s'en réjouissent.

Il est d'ailleurs probable, pour le plus grand bonheur de toute la petite famille, que nous retenions cette destination pour les vacances prochaines... Ce sera bien étrange de passer par tous ces lieux qui sont devenus pour nous presque mythiques !

Ce polar fut en fait un prêt d'une amie, et nous avons été deux à le lire ; étant la deuxième, j'ai pu régulièrement échanger mon point de vue, mes impressions, mes ressentis, et ce fut quelque chose de très agréable et enrichissant ! De nombreux aspects, et de nombreux micro éléments m'avaient échappés, et à fin, c'est une discussion animée qui m'a ouvert les yeux sont beaucoup de points obscurs !

Au final, c'est donc une lecture très agréable, subtile, et qui demande une attention soutenue pour déceler les rares et légers indices dont Camilla Läckberg parsème les pages. Tout remonte à la surface à la toute fin, dans une explosion de lucidité, mais il faudra attendre ce soulagement pendant plus de 400 pages, qui, même si elles sont un plaisir à parcourir, sont bien lentes du point de vue de l'intrigue : il s'agit de tout mettre en place, de coudre une à une toutes pièces du patchwork composé de toutes les voix des différents personnages.

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Les 16 premières pages ICI

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Le Gardien de Phare - Camilla Läckberg - 480 pages - Editions Actes Sud collection Actes noirs - Juin, 2013 - 14,5 x 24 - traduit du suédois par : Lena GRUMBACH - titre original : Fyrvaktarenprix : 23,50€